Le Basquiat du Raval

Recherche d'hôtels à Barcelone

Date d'arrivée

Date de départ

   



Jean-Claude Rodney a des airs de Basquiat. Comme lui, il vient de Haà¯ti, comme lui, il peint dans la rue. Excepté que lui, y dort aussi.


Débarqué à  Barcelone il y a plus d'un an, cet artiste peint dans la rue quel que soit le temps. à Sa maison, elle est aux abords du MACBA, dans le Raval. Les mauvais hasards de la vie. à«à Je suis arrivé ici avec une soixantaine de toiles, on m'a tout volé les premiers jours. Je me suis retrouvé sans rien. Il a fallu que je trouve de la peinture, du bois, des toiles, des pinceaux... J'ai tout trouvé dans la rue, ici. à»Avant Barcelone, Jean-Claude menait une vie moins marginale. à«à J'ai vécu pendant des années en Italie, j'étais marié à  une italienne. J'ai un fils de 15 ans avec qui je suis toujours en contactà à». La famille italienne a mal accepté ce mariage mixte... Alors il a choisi de partir. à«à Je recherchais la chaleur. Tout le monde me parlait de l'Espagne et de Barcelone...à à» Si vous passez par la rue Montalegre, vous le verrez, le pinceau à  la main, parmi ses nombreuses toiles. à«à Je me réveille chaque matin à  six heures et je peins toute la journée, ça m'empêche de sombrer. En Italie, j'avais un foyer et j'exposais dans des galeriesà à» raconte-t-il, le sourire aux lèvres. Car il n'a pas d'amertume, ne se plaint pas de sa vie à«à dehorsà à» , sans toit. La peinture, c'est toute sa vie : à«à C'est de la joie!à à». Mais comment fait-on pour ne pas perdre l'inspiration les jours, et surtout, les nuits d'hiver ? à«à Je pense que la peinture me donne du courage et peut-être une force intérieure. Et puis j'ai beaucoup de patienceà à». Notre Basquiat du Raval n'est pas du genre dépendant, sa drogue, c'est la toile. Des toiles aux couleurs vives inspirées de son enfance à  Port-au-Prince : à«à J'ai quitté Haà¯ti quand j'avais 14 ans mais je ne l'oublie pasà à». Jean-Claud possède un réel talent, ses toiles méritent qu'on s'arrête, c'est d'ailleurs ce que font les barcelonais. Les gens s'arrêtent souvent pour lui parler, lui commander une toile... Du jaune, du rouge, du vert... des oeuvres colorées et joyeuses. Des femmes de Haà¯ti au marché aux épices, la mer, le ciel clair et d'autres souvenirs de là -bas. Jean-Claude Rodney se trouve bien à  Barcelone : à«à J'aime cette ville et je voudrais y travailler, vivre de ma peinture. à» C'est tout le mal qu'on lui souhaite... qu'il connaisse le succès d'un Basquiat.


à© Corinne Bernard



article publié le mercredi 4 novembre 2009 - 13:38


Page suivante: La vieille ville